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Archive for the ‘Lectures scandinaves’ Category

Entre ciel et terre c’est le voyage d’un jeune pêcheur qui cherche une raison de vivre après la mort de son meilleur ami en mer. Le roman met en lumière la rudesse de la vie sur cette île islandaise où l’on vit et meurt de la pêche.

Je ne connaissais pas Jón Kalman Stefánsson, auteur islandais né à Reykjavík en 1963, mais je ne suis pas étonnée de la beauté de son écriture puisqu’il n’est pas seulement romancier mais aussi poète ! Ces deux passages, j’espère, parleront d’eux même:

« Deux matelots s’étaient noyés, leurs corps n’avaient jamais été retrouvés et ils étaient allés rejoindre la foule des marins qui errent au fond de la mer, se plaignant entre eux de la lenteur du temps, attendant l’appel suprême que quelqu’un leur avait promis en des temps immémoriaux, attendant que Dieu les hisse vers la surface et les attrape dans son épuisette d’étoiles, qu’il les sèche de son souffle tiède et les laisse entrer à pied sec au royaume des cieux, là, il n’y a jamais de poisson aux repas, disent les noyés qui, toujours aussi optimistes, s’occupent en regardant la quille des bateaux, s’étonnent du nouveau matériel de pêche, maudissent les saloperies que l’homme laisse dans son sillage, mais parfois aussi, pleurent à cause de la vie qui leur manque, pleurent comme pleurent les noyés et voilà pourquoi la mer est salée. »

« La morue est jaune et se plaît à nager, constamment en quête d’une nouvelle pitance, peu de choses dignes d’intérêt se produisent dans son existence et une ligne qui oscille, parsemée d’appât fixés à des hameçons, est une grande nouvelle, elle est un événement important. Qu’est ce que c’est que ça ? se demandent les morues les unes aux autres, enfin quelque chose de nouveau, répond l’une avant de mordre sans hésiter, et alors les autres se précipitent pour mordre également car aucune d’elles ne veut se faire remarquer, c’est plutôt agréable d’être accrochée là, observe la première, la gueule en coin, et les autres acquiescent. Les heures passent, puis tout se met à s’agiter, on les tire, une force puissante les hisse vers le haut, plus haut, toujours plus haut vers le ciel qui, bientôt, s’ouvre, cédant alors la place à un autre monde, peuplé d’étranges poissons »


Eric Boury traduit de l’islandais au suédois et vous présente ce livre sur son blog: http://ericboury.blogspot.com/2010/02/entre-ciel-et-terre-jon-kalman_15.html

A découvrir!

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